Hubert NGABMEN

Mon nom c’est Hubert NGABMEN. Âgé à ce jour de 57 ans, mon père était un modeste commerçant et ma mère une laborieuse ménagère -commerçante.

Dés ma tendre enfance, j’étais naturellement et progressivement enrôlé dans des activités d’assistance et d’accompagnement de mes parents dans l’exercice de leur travail quotidien. Ce qui, avec le recul, représente une précieuse initiation à l’entrepreneuriat. Voici plus concrètement les choix qu’avaient opérés mes parents en vue de favoriser à la fois mon éducation scolaire et entrepreneuriale : ils m’avaient inscrit dans une école maternelle et primaire qui fonctionnait suivant un régime de mi-temps. Ainsi, lorsque j’allais à l’école en matinée, dans l’après-midi j’allais aider mon père ou ma mère à vendre leurs marchandises, et vice versa.

Bien qu’ayant quitté mes parents pour aller poursuivre mes études secondaires du premier cycle hors de la ville de Douala, j’y retournais chaque vacances pour mener des activités commerciales à l’effet de rassembler des fonds pour contribuer au paiement de mes frais de scolarité. A titre illustratif, voici mon emploi du temps d’une journée : en matinée j’étais aide-vendeur dans la boutique paternelle au marché central de Newbell, puis au marché Congo plus tard. Dans l’après-midi je vendais à mon propre compte des produits divers (arachides cuits, aubergines, bonbons, biscuits, cigarettes, etc.). Et en soirée, l’échange, l’achat et la vente des livres d’occasion devant le célèbre “cinéma ABC” de l’époque était une activité vespérale que je menais avec passion et assiduité. Ceci, d’autant plus qu’elle me permettait dans la foulée, de troquer mes anciens livres de la classe précédente contre ceux de ma nouvelle classe. Chaque soir, je faisais un compte rendu assorti d’un bilan financier à ma mère.

Bien que je rentrais souvent à la maison à une heure tardive de la nuit, mes parents étaient très contents de moi parce que les retombées de mes activités les soulageaient financièrement quant aux dépenses de scolarité qu’ils devaient effectuer pour la demi-douzaine d’enfants composant ma fratrie.

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